Dracula, une image éternelle

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C’est en 1897, sous la plume de Bram Stoker que naît Dracula. Depuis, l’image du vampire a été popularisé dans l’art, et plus particulièrement au cinéma. Retour sur l’iconographie de cette créature mythique et mystérieuse.

Le mythe du vampire est une légende qui existe depuis le Moyen-Âge. Cependant, si l’image de Dracula telle que nous la connaissons aujourd’hui est aussi répandue, c’est avant tout grâce à l’iconographie qui a été produite depuis la parution du roman, et elles sont nombreuses !

Une icône gothique

Dracula est une icône cinématographique, un être fantastique doué de grands pouvoirs. Il maîtrise l’espace, le temps, commande les éléments, se transforme… Il est vu comme une créature maléfique et prédatrice, mais c’est également un personnage de noble origine qui exerce un ascendant sur tous ceux qui croisent son chemin. Le vampire devient le support des fantasmes les plus divers ou des phobies les plus enracinées.

Tour à tour monstrueux, aristocrate, romantique, cette créature s’habille de nombreuses personnalités et de multiples visages.

Dans l’ordre d’apparition, images tirées des films :
– Dracula – 1931
– Dracula Untold – 2014
– Saga Twilight – 2009
– Entretien avec un Vampire – 1994
– Only Lovers Left Alive – 2012
– Dracula – 1992
– Nosferatu – 1979
– Nosferatu – 1922 

Un monstre ou une victime ?

Les premières interprétations des vampires au cinéma nous montrent des créatures monstrueuses, laides et animales. Leur présence est fantomatique et désincarnée. La laideur physique, les attributs du monstrueux sont mis en relief par le traitement expressionniste de la lumière qui privilégie les ombres portées, altérant les proportions réelles du corps (Nosferatu-1922), et privilégiant un teint blafard, un corps semblant flotter dans l’air.

Mais une autre facette du personnage est également développée dans plusieurs œuvres. Elles mettent l’accent sur une certaine fragilité, voire une vulnérabilité du comte Dracula qui exprime dans ses propos une souffrance existentielle, aspirant à une mort véritable. Le Dracula de Herzog (1979) est un vampire mélancolique et malheureux. Le jeu de l’acteur principal et sa diction lente, monocorde, comme sa voix douce, contribuent à faire du vampire un être torturé. Le monstre inspire ici autant la pitié que l’horreur.

Une évolution sensible

Au fil des adaptations, le cinéma tend à effacer ou à restreindre la monstruosité inhérente au vampire du folklore pour mieux mettre en valeur son pouvoir de fascination et son caractère romantique. C’est Bela Lugosi (Dracula-1931) qui incarne le premier à l’écran un vampire séducteur, mondain, très théâtral (ce qui n’empêche pas une dimension inquiétante). Plus récemment, la saga Twilight a intégré le vampire dans notre monde moderne en lui donnant la forme d’un jeune adulte empreint d’une grande mélancolie.

Ce mythe du vampire est alors intemporel, sans cesse nourrit, réactualisé, redynamisé par le cinéma, lui imposant de nouvelles figurations et donnant, en particulier, une vision de plus en plus positive du personnage imaginé par Bram Stoker. Le vampire ne suscite plus l’horreur, n’incarne plus l’Autre, l’innommable ; il fascine et séduit bien plus qu’il ne terrifie.

SOURCES : iconographie de draculaDracula, avatars et mutations d’une figure gothique / Dracula de Francis Ford Coppola

Pour aller plus loin : Arte – Cinéma et vampires de Olivier Père