Lueur d’humour sur fond noir

dans
la programmation

Seul au piano, Pierre Lapointe tend un fil entre la noirceur de ses chansons et la drôlerie de ses interventions, et s’y promène sans le moindre faux pas. Rien n’est plus difficile que de passer du rire à l’émotion, mais lui exécute ce numéro de funambule avec un métier, une science de la scène et du rapport au public rares chez un artiste de 33 ans. On recommandera aux aspirants de la ritournelle d’aller voir Lapointe et d’en prendre de la graine.

«Mélanger le rire et le drame, ça me définit totalement», réagit le chanteur, en chemise blanche et veste gris clair aux coutures apparentes, dont on a oublié de lui demander le nom du créateur. «Dans mes concerts, j’ai vite compris que l’humour avait la capacité de rassembler. C’est nécessaire avec mes chansons quasi abstraites, pas faciles d’accès, surtout celles des débuts.» Et le jeune maître de décrire sa démarche : «J’ai vu sur scène beaucoup d’artistes qui jugeaient leur travail hyperimportant, et pensaient que le public devait s’y plier. Si les gens ne comprenaient pas, c’est qu’ils étaient cons. Moi, je garde en tête que les spectateurs doivent passer un bon moment. Mes chansons sont pessimistes, mélancoliques, impudiques pour certaines. Elles peuvent susciter le rejet mais, après avoir ri, le public devient plus réceptif.»

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