« Le mélange, c’est la nature, la norme. » Sidi Larbi Cherkaoui

Publié le 16/01/2019

Play, c’est la rencontre au sommet de deux artistes virtuoses, la danseuse indienne Shantala Shivalingappa et le chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui, qui croisent leurs racines et leurs influences respectives.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

SS : On s’est rencontrés au moment d’un festival en Allemagne, organisé par Pina Bausch. J’étais très intéressée par la démarche de Sidi Larbi Cherkaoui, et tout son travail autour du chant et de la danse. Et je voulais réussir à combiner cela, car je pratique aussi le chant.

Shantala, vous avez collaboré avec de grands noms tels que Pina Bausch, Bartabas… D’où vient votre danse, qu’est-ce qu’elle dit ?

SS : Je pratique un style qui s’appelle le Kuchipudi. C’est une des danses classiques de l’Inde, à l’image du ballet classique en Occident. C’est une forme qui mêle le théâtre, le chant, la danse, la poésie pour raconter des histoires mythologiques, des drames dansés…

Quel a été le point de départ de Play ?

SLC : Shantala et moi avions idée de travailler sur l’intelligence nécessaire pour mettre toutes les pièces d’un ensemble en ordre. Nous sommes ensuite partis dans une autre direction, où la notion de jeu est centrale, dans toutes ses déclinaisons possibles.  Ces questionnements ne sont pas nouveaux dans mon travail, chaque pièce est l’étape d’une même réflexion. Sans doute s’agit-il d’une interrogation universelle : comment trouver sa place parmi tout le reste ? Dans ce puzzle, extrêmement complexe, suis-je au bon endroit ?

Un thème connexe est également présent dans toute votre œuvre : le mélange, le métissage.

SLC : Parler de métissage pose un certain nombre de difficultés, car en employant ce terme, on implique qu’il y a des choses pures dans la vie. Or, je n’en connais aucune. Pour moi, chaque élément est un métissage. Je suis convaincu que chaque chose est constituée de plusieurs autres. Le mélange, c’est la nature, la norme, alors que la pureté me semble être une fiction. Je ne vois pas la réalité autrement que comme une combinaison de choses. La France, comme tous les pays, n’est rien d’autre qu’un grand puzzle, dont la multitude des cultures et des identités constitue la culture française.

Vous êtes vous-même le fruit d’un métissage…

SLC : Je suis conscient que mon identité n’est pas anodine. Mais je ne dis pas cela parce que je suis, par mes origines, moitié marocain et moitié belge. Pour moi, la chorégraphie est un outil avec lequel je peux communiquer certaines choses. Et il y a plusieurs choses à l’intérieur de moi qui me connectent aux autres. Je me sens absolument relié à tout ce qui m’entoure.

Sources : Culturebox, des mots de minuit / festival d’Avignon

 

 

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jeudi 28 mars 2019 - 20h30

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