Quentin Defalt et son corrosif Sosies

Publié le 10/01/2019

Quentin Defalt et sa compagnie Teknaï reviennent sur la scène avec une toute nouvelle création Sosies. Un spectacle à l’humour corrosif, sur la vie rêvée de ces gens qui tentent de ressembler à leurs idoles. Tantôt drôle et attachant, tantôt critique et acide, Sosies est une belle caricature de la société dans laquelle nous vivons. Rencontre.

Parlez-nous brièvement du spectacle.

Dans Sosies, on a trois personnages, qui sont trois différents degrés de sosies. Sandrine Costes, qui est éperdument fan de Céline Dion, qui admire son mode de vie, sa façon de gérer en quelque sorte son entreprise, son rapport à la famille, mais elle estime qu’elle est plus attractive que Céline. On a Jérôme Planchet, qui se dit être la réincarnation de Michel Berger. Il ne cherche pas à être Michel Berger, il l’est. Et on a Franck Lopez, qui malgré lui est le sosie de Francis Cabrel, faute de mieux. Au début il voulait être Patrick Dewaere, et puis il s’est retrouvé apparenté à Cabrel. Mais il n’aime pas en être le sosie.

Sandrine Costes rêve de se mettre en scène, de faire un spectacle et de s’associer avec d’autres « artistes ». C’est dans cette démarche qu’elle va rencontrer Jérôme et Franck, qui eux sont un peu perdus, mais qui souhaitent se reconstruire et créer une sorte de nouvelle famille.

Comment s’est passé le travail d’écriture ? Avez-vous été seul, où chacun a t-il construit son propre personnage ?

Le spectacle s’est vraiment construit au fur et à mesure, avec les comédiens et moi-même. On avait envie de monter un spectacle sur cette thématique. On s’est appuyé sur une sorte de trame, mais ensuite les comédiens ont improvisés et moi je notais ce qui me semblait pertinent, les répliques, je donnais une forme à cette improvisation. On a répété ça plusieurs fois jusqu’à avoir une direction, puis un texte final.

Le fond de ce spectacle ce n’est pas tant les stars, ou les sosies, mais c’est plutôt de mettre en lumière les failles de chacun. Et l’improvisation a permis de mettre énormément de ce que l’on est nous, en tant qu’humain, dans cette pièce.

Votre pièce s’apparente beaucoup au film Podium, ou à l’émission Strip-Tease. Est-ce que ces références vous ont nourries ?

Podium, pas du tout. Même si de fait on retrouve des similitudes. Après Strip-tease, oui évidemment ! C’est une émission qu’on adore, on en a regardé énormément. D’ailleurs bien avant Sosies, il y eu des références à cette émission dans d’autres pièces.

C’est très bienveillant, ce qu’on fait. On ne cherche pas à se moquer, on s’attache à la profonde humanité de nos personnages. Leurs espoirs sont parfois absurdes, mais c’est aussi ce qui fait que le spectacle est drôle. On cherche seulement à faire ressortir ce qu’il y a au fond d’eux.

Votre précédente pièce, Les Vibrants, est à mille lieues de Sosies. Comment réagi le public à ce nouveau spectacle ?

C’est vrai que j’ai beaucoup de retours du public. En plus sur notre communication, on annonce que nous sommes la compagnie qui a créé Les Vibrants.

Mais les gens ne sont pas déçus, le spectacle est bien accueilli, mais beaucoup sont très surpris. C’est un grand écart, esthétiquement parlant, dans l’écriture, dans le thème mais on retrouve certains points de correspondances. Dans Les Vibrants on avait un personnage brisé qui cherchait à se relever par le théâtre. Dans Sosies on a trois personnages un peu perdus qui tentent de s’en sortir par la chanson.

Moi ce qui m’intéresse c’est le théâtre dans le théâtre, et comment trouver sa place dans la société.

Ce spectacle appelle une suite, alors, est-ce qu’il y aura un Sosies 2 ?

Peut-être pas… Peut-être… Mais effectivement cette pièce montre la construction du spectacle que les personnages veulent faire. Est-ce qu’ils le feront ? En ont-ils les moyens ? A propos d’une suite, on verra !

Propos recueillis par Laurent Bourbousson pour le blog Ouvert aux Publics. L’interview est à retrouver en intégralité ici 

 

 

 

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samedi 12 janvier 2019 - 20h30

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