« Vent debout » : la genèse d’une fable de papier

Publié le 25/05/2018

La vie d’une petite fille bascule quand elle fait l’étrange découverte d’un monde très différent du sien. Un monde grouillant de mots, de sons, d’inscriptions et de dessins en tous genres.

C’est un tsunami d’émotions, à la fois effrayant et excitant qui s’abat sur elle qui n’a connu jusqu’alors qu’un monde de silence. Elle tente de comprendre ce qui la sépare de cet univers si attrayant que tout son entourage semble ignorer.

le point de départ : un voyage en Corée du Sud

En 2012, la Compagnie des Fourmis dans la Lanterne part jouer Monsieur Watt en Corée du Sud, l’occasion pour elle de découvrir les liens étranges tissés entre ce jeune pays et son voisin du Nord.

Elle découvre que plusieurs organisations tentent d’envoyer des signaux en Corée du Nord : ballons d’hélium avec des tracts, journaux, livres… La contrebande de 20 000 clés USB avec les derniers films américains peut sembler un moyen peu efficace pour renverser le régime nord-coréen, mais c’est exactement ce que l’organisation Flashdrives for Freedom essaie de faire en 2016. Le projet espère montrer aux Nord-Coréens la culture populaire du monde en dehors des frontières de leur pays pour dénoncer le régime.

Pourquoi le régime nord-coréen a-t-il peur de ces « attaques » ? Comment les citoyens nord-coréens perçoivent-ils de tels signaux ? Font-ils semblant de ne pas savoir ce qui se passe de l’autre côté ou n’en sont-ils tout simplement pas conscients ? En Corée du Sud, ces faits divers ne sont pas médiatisés. Ils sont même très bien cachés. Alors pourquoi ce vent de censure dans ce pays qui contrairement à son voisin semble libre ?

En France, les attentats de janvier 2015 ont été l’occasion de parler de la liberté d’expression, et de la liberté de la presse, notamment à l’école.

puis une question : comment parler de la censure de manière poétique ?

Avec le spectacle Vent Debout, la compagnie souhaite illustrer une nation dans laquelle les pensées sont conditionnées et les libertés étouffées.

« Le vent représente cette oppression qui emporte toutes les lettres, toutes les envies de communiquer. Tel Eole dans la mythologie grecque, les moulins à vents envoient bourrasques et tempêtes. Pour nous, ils s’en serviront pour maintenir les habitants loin des autres façons de vivre.
En suivant cette petite fille ingénue née au vent, nous découvrirons « l’autre côté », représenté par la deuxième face de la table. Un monde de papier journal, où les libertés s’expriment sur les murs, supports de toutes les expressions. Nous suivrons alors le combat qui deviendra sien. »

et la réponse : « vent debout »

Sur les bateaux à voile, on dit qu’on « a le vent de bout » lorsque le vent vient de face, il est alors très difficile d’avancer.

En journalisme, lorsque quelqu’un lutte contre quelque chose, on utilise aussi cette expression.
Par exemple : « Les ouvriers sont vent debout contre la baisse des salaires ».

Dans son spectacle,  la Compagnie des Fourmis dans la Lanterne utilise l’expression au sens propre, puisque leur héroïne tente de se tenir debout face au vent qui emporte tous ses dessins, mais aussi au sens figuré puisqu’on parle ici d’un combat face à une difficulté.

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