Le baron de Münchhausen : du personnage historique au personnage littéraire

Publié le 01/06/2017

Le baron de Münchhausen (1720-1797) est un personnage de l’histoire allemande. Officier et mercenaire de l’armée russe, son destin et sa faconde devinrent légendaires, lui assurant une réputation d’affabulateur hors pair, voire de fou. Le récit romancé de ses exploits en a fait un des héros les plus populaires de la littérature allemande.

Qui était le baron de Münchhausen ?

Karl Friedrich Hieronymus Freiherr von Münchhausen naît à Bodenwerder dans le Weserbergland (Allemagne) en 1720. Cousin du botaniste Otto von Münchhausen chancelier de l’université de Göttingen, il est, dans sa jeunesse, page du prince Antoine-Ulrich de Brunswick-Wolfenbüttel, qu’il suit en 1740 pour devenir mercenaire de l’armée russe. Il combat pendant dix ans dans l’armée d’Élisabeth Ire de Russie contre les Turcs de l’Empire ottoman en Crimée. Il épouse Jacobine von Dunten en 1744 en Lettonie.

Il est nommé, en 1750, capitaine de cavalerie, avant de quitter l’armée russe. Lors de son retour en Allemagne, il s’installe dans le château où il est né à Bodenwerder et mène une vie de propriétaire terrien. Il confie à l’écrivain Rudolf Erich Raspe ses « extraordinaires » aventures avant de se fixer à Hanovre. Surnommé le « baron de Crac » (« baron du mensonge », selon l’expression « raconter des craques »), il aurait voyagé sur la Lune sur un boulet de canon et aurait dansé avec Vénus. Veuf en 1790, il se remarie en 1794 avec Bernardine von Brunn, union qui s’achève par un divorce. Il meurt le 22 février 1797 de la fièvre typhoïde, ruiné.

Le personnage historique devient héros de fiction

Les récits extraordinaires du baron constituent la reprise d’un imaginaire collectif amplifié par le merveilleux et la truculence d’un militaire nostalgique d’exploits.
Entre l’œuvre originale, les suites apocryphes (ou nouvelles aventures) et les pastiches et parodies, les œuvres de fiction mettant en scène le baron sont nombreuses.

L’œuvre originale remonte à 1785, quand l’écrivain allemand Rudolf Erich Raspe (1736-1794) recueille, ordonne et publie les récits du baron de son vivant, en anglais, sous le titre Baron Münchhausen’s Narrative of his Marvellous Travels and Campaigns in Russia.

Puis, en 1786, les Aventures sont traduites en allemand par Gottfried August Bürger (1747-1794) sous le titre Abenteuer des berühmten Freiherrn von Münchhausen. Au-delà de la traduction, il remanie les histoires et fournit une version plus poétique et satirique que le livre de Raspe.

Les Aventures poursuivent leur vie littéraire avec leur traduction de l’allemand au français par Théophile Gautier (fils) en 1854 sous le titre Le Baron de Münchausen surnommé le Baron de Crac ou La Fleur des Gasconnades allemandes, avec des illustrations de Gustave Doré. Cette traduction est amputée de certains passages jugés trop « politiquement incorrects » pour ses contemporains.

Parmi les auteurs qui ont imaginé de nouvelles aventures du baron, épiques et rocambolesques, qui s’inscrivent parfaitement dans la longue tradition littéraire du personnage, Olivier Supiot publie trois bandes dessinées dans les années 2000 : Les Aventures oubliées du baron de Münchhausen.

Pierre Henri Cami (1884-1954) a imaginé une réplique parodique, burlesque du baron de Münchhausen : le Baron de Crac, militaire français, commandeur de l’ordre du Royal-Jabot, courtisan de Louis XV. De sa retraite en Gascogne, au château la Cracodière, il raconte à ses invités émerveillés d’avance les exploits qui établirent sa réputation universelle (épisodes de chasse, scènes de batailles, incidents/accidents, missions du roi…).

Au cinéma Les Aventures du baron de Münchhausen ont été adaptées notamment par Georges Méliès (en 1911), Karel Zeman (en 1961) ou encore Terry Gilliam (en 1988).

 

Source : Wikipédia

Aller plus loin : Lire Les Aventures du Baron de Münchhausen dans la traduction française de Téophile Gautier, illustrée par Gustave Doré sur le site Gallica.bnf.fr.

Crédit photo : Philippe Mayeur

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