« L’Homme de rien » : un conte signé Marion Aubert et Eric Petitjean

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la programmation

Marion Aubert et Eric Petitjean, auteure et metteur en scène de L’Homme de rien, nous parlent de leur projet inédit.

L’histoire

L’Homme de rien est le parcours initiatique d’un homme qui ne peut pas, n’arrive pas ou encore ne veut pas se déterminer.

Il est « le naïf », « l’idiot », « l’innocent » posé là, contemplant le monde et semblant attendre.

Il n’est plus depuis longtemps un adolescent, et pour ses parents, sa présence devient insupportable. Alors que faire de lui ?

Son père décide enfin de l’envoyer vivre sa vie dans « la Ville », avec pour tout bagage des « commandements » qu’il tire d’un vague souvenir de la Bible… L’homme part, et comme par magie, c’est « la Ville » qui vient à lui.

Cette ville, immense tour de Babel, est peuplée par toutes sortes d’individus qui à l’inverse de lui sont « déterminés », occupent tous « une fonction », « une place » qu’ils défendent avec conviction. Il va rencontrer là-bas l’amoureuse, l’ami qui croit chaque jour à un nouveau complot, l’extrémiste religieux, la coiffeuse/tatoueuse, l’immigré, la révolutionnaire, le cadre, et enfin, sa fiancée.

Dans cette « tour », les rôles sont bien définis ; quand on y entre c’est à « la multinationale », dirigée par le Multimillionnaire et sa femme, qu’on va trouver sa place. Immanquablement, tout le monde trouve « une situation » et devient alors une sorte de rouage qui permet à celle-ci de fonctionner. Serait-ce pour entretenir la vie éternelle du Multimillionnaire et de sa femme ? Or, on ne trouve pas de place à L’homme de rien, et cela ne s’est jamais produit.

Il devient alors pour le Multimillionnaire et sa femme une énigme qu’il faut résoudre, un sujet d’admiration ; enfin, un individu qu’il faut éliminer comme un virus qui pourrait contaminer le système.

La musique/Fantazio

« La musique aura une grande place dans le spectacle et ne sera pas seulement utilisée pour accompagner les images vidéo mais comme un véritable langage et comme vecteur d’émotion.

Ma rencontre avec Fantazio a été déterminante. C’est un musicien, comédien, saltimbanque hors norme et inclassable. Pour moi, il porte déjà en lui toute l’humanité, la singularité et la fantaisie de L’Homme de rien. Il m’a paru évident de lui proposer de jouer le personnage, de créer l’univers musical et qu’il l’utilise comme son propre langage. »

Eric Petitjean

Vidéo & interactivité / Benoît Lahoz & David Coignard

« L’image vidéo ajoutera un « supplément organique » à notre tour de Babel, en en révélant des espaces particuliers, en la faisant vibrer selon les scènes. Il s’agira à la fois de suggérer l’intensité de l’activité de ce monde, mais aussi d’ouvrir des fenêtres sur le point de vue de l’homme de rien.

Pour dessiner ce parcours où réalité et illusion sont perpétuellement enchevêtrées, nous utiliserons tous les supports de projection offerts par la scénographie.

La circulation des images dans les différents espaces permettra alors aux différentes strates de la ville de vibrer et de se déployer, comme si celle-ci respirait et se comportait comme un être vivant, en propositions, en réactions, en ouvertures et en fermetures, offrant ainsi à la fois un support à l’action et les nuances de dialogue d’un véritable personnage. »

Eric Petitjean et Marion Aubert