de la chaîne à la scène

Publié le 22/02/2018

Intitulé Maothologie en référence à la pensée maoïste et la mythologie qui en découle, ce spectacle veut faire entendre des voix.


« Avant et après Mai 68, de jeunes étudiants ont abandonné leurs études pour aller travailler en usine. On les a appelé ‘‘les établis’’. Dans l’esprit de l’époque, il s’agissait pour eux de se dépouiller de leur statut d’intellectuel, de se fondre dans les masses ouvrières pour les politiser. ‘‘Descendre du cheval pour cueillir des fleurs’’, disait le président Mao.» explique Virginie Linhart dans son essai, Volontaires pour l’usine, publié au Seuil en 1994.

« A mi-chemin entre une fiction et la réalité sur laquelle elle se fonde, le spectacle prend la forme d’un montage basé sur le document enregistré de cet entretien avec mon père et le voyage imaginaire qu’il a déclenché en moi. » Fanny Gayard

A travers son précieux livre L’Établi, Robert Linhart, son père, l’un des membres fondateurs de la Gauche prolétarienne, raconte une année passée sur la chaîne de montage de l’usine Citroën à la Porte de Choisy après 1968 en tant qu’établi. En plus d’être une oeuvre littéraire pleine de finesse et de poésie, c’est quasiment l’unique témoignage existant de la démarche des établis. L’Établi a longtemps été ma seule source pour imaginer et comprendre l’expérience de mon père pendant trois ans sur la chaîne de montage de l’usine Renault-Billancourt dans les années 1980. « Il y a tout dans L’établi.» disait-il. J’ai décidé de l’interroger à ce sujet et d’enregistrer son récit. »

Source note d’intention de Fanny Gayard (comédienne et metteuse en scène)
Crédit photo © Jeff Humbert, Atelier du Plateau, Paris, Janvier 2018

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mardi 6 mars 2018 - 19h30

maothologie