À l’orée des grands gestes – IT DANSA

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la programmation

IT Dansa

mardi 17.03.2026 à 20h

L’école pour entrer dans la danse, professionnelle

Situé en plein milieu de Barcelone, l’Institut del Teatre rayonne par-delà les frontières et attire en son sein des artistes en devenir du monde entier. Institution prisée, elle accueille chaque année, et pour un cycle de perfectionnement de deux ans, une quinzaine de danseurs, sélectionnés par audition internationale.

En Catalogne, comme partout ailleurs, la danse est bien plus qu’une discipline. Et pour se confronter à toute son exigence et la vaste culture dans laquelle elle s’inscrit avec un peu plus de douceur, la “compagnie-école” IT DANSA est née ! Et depuis 1996, ce projet accompagne de jeunes interprètes à l’orée de leur carrière en leur permettant de danser un répertoire aussi pointu que reconnu sur différentes scènes à travers l’Europe.

Ce tremplin prestigieux porte ces jeunes joyaux vers l’excellence, et c’est auréolés de toute la lumière qui accompagne cette compagnie qu’ils viendront déployer leur énergie singulière à l’Avant Seine avec deux pièces emblématiques : Kaash et Minus 16.

Kaash, une évocation sublime de l’origine du monde

Créée en 2002 par le chorégraphe britannique d’origine bangladaise Akram Khan, Kaash, qui signifie « si seulement » en hindi, est devenue l’une des œuvres emblématiques de la danse contemporaine du début du XXIᵉ siècle. A mi-chemin entre plusieurs traditions, la singularité d’Akram Khan se note dans son écriture chorégraphique, incontestablement contemporaine et nourrie par le kathak, une forme classique provenant du nord de l’Inde et caractérisée par un buste droit, des bras horizontaux et des pieds qui frappent le sol à rythme effréné.
>Et si cette pièce percutante et tourbillonnante matérialise parfaitement le désir du chorégraphe de voguer  entre les styles, c’est son esthétisme qui est bien souvent souligné.

En effet, pensée et conçue en collaboration avec l’artiste plasticien Anish Kapoor, Kaash évoque l’origine du monde et les cycles de création et de destruction qui le traversent. Et tout en clair obscur, la danse devient une force primitive : une énergie qui circule d’un corps à l’autre, faisant remonter chaque geste à la source même du mouvement.

Minus 16, revenu des profondeurs, le public exulte

Dans un tout autre paysage, mais non moins emblématique : Minus 16 du chorégraphe israélien Ohad Naharin, créée en 1999, revendique un spectacle plus que jamais vivant !

Cette pièce chorégraphique, constituée de différents tableaux issus des précédentes œuvres du chorégraphe, dont Mabul, Abaphaza et Zachacha, est traversée par un répertoire musical allant du mambo au cha-cha-cha, non sans un clin d’œil à des chants traditionnels.

 

Véritable mosaïque de surprises, Minus 16 jouit d’une écriture incisive et libérée, joueuse et virtuose et les interprètes, parés de costumes noirs et emplis d’une énergie bondissante se rapprochent toujours un peu plus du public. Alors que les frontières entre le spectacle et le jeu semblent disparues, les danseurs se plient à l’exercice de l’improvisation devant les yeux complices de ceux qui les regardent, preuve s’il en faut que la danse est le lieu de moments partagés.

Et c’est ainsi, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire que ces deux pièces contrastées et complémentaires habitent la scène, portées par une jeunesse étourdissante de fougue et d’engagement pour son art. Et si l’énergie ardente des interprètes porte ces danses au-delà de leur réputation, notons que la compagnie IT DANSA n’est jamais que le balbutiement de talents immensément grands.

Justine Komé